Tribunes
ABANDON DE LA GRAMMAIRE ET MOLLESSE DE LA PENSEE !
Depuis plus de trente années, formalisme et ésotérisme ont privé de sens l’enseignement de la grammaire. Dans les années 1980, la linguistique structurale a voulu s’affirmer comme une « science dure » plutôt que comme une « science humaine », attentive au sens autant qu’à la forme. Elle décida donc d’extirper de l’analyse linguistique toute référence au sens des relations entre les mots et groupes de mots. Elle espérait ainsi se mettre à l’abri de l’accusation d’introspection en ne recourant qu’à des critères formels.
Par Alain Bentolila – 21/08/2026
LES LUMIERES DE L’ORTHOGRAPHE FRANCAISE
Le ministre de l’Éducation Nationale, Edouard GEFFREY s’est récemment engagé avec détermination dans la bataille pour le respect de l’orthographe ; préconisant même de sanctionner avec une sévérité accrue les fautes d’orthographe qui dénaturaient les copies du BEPC et de BAC dans quelques disciplines que ce soient. Sa prise de position pédagogique exprimant aux professeurs que nul élève n’est dispensé d’écrire juste, sa volonté politique marquant que tous les élèves -quelle que soit leur origine – peuvent acquérir une maîtrise convenable de la maîtrise de la langue, enfin son ambition morale exigeant que tous nos enfants puissent exprimer leur pensée avec autant de précision de forme que de contenu, furent accueillies avec indignation et parfois dérision par le chœur mêlé des linguistes dits « atterrés » et des dirigeants syndicaux indignés.
Par Alain Bentolila – 29/07/2026
C’est quoi être un citoyen ?
L’école doit construire une réponse à cette question sans ostracisme et sans couardise. Elle le doit à des élèves trop souvent exposés à des réponses hétéroclites, nourries de stéréotypes historiques, de souvenirs musicaux, de goûts culinaires et parfois de préjugés raciaux. Plutôt que de tenter de dresser une liste sans fin dans laquelle Roland de Roncevaux le disputerait au cassoulet, et Edith Piaf à Victor Hugo, l’école doit tenter de fonder notre identité nationale sur la capacité de chaque citoyen d’établir une claire hiérarchie entre les valeurs universelles qui fonde notre humanité, les spécificités culturelles du pays où l’on vit, et enfin les appartenances confessionnelles et ethniques dont on a hérité.
Par Alain Bentolila – 07/04/2026
L’enfant n’apprend pas le langage en grandissant, c’est le langage qui le fait grandir
La relation de l’enfant au langage nous fascine et nous questionne. Instrument tellement complexe et pourtant si rapidement maîtrisé ! Comment s’étonner que, de Platon à Chomsky en passant par Descartes, bien des philosophes et des linguistes aient été irrésistiblement attirés par l’idée « commode » que l’esprit humain était « fait » pour le langage ou, mieux, que les structures du langage étaient présentes dans l’intelligence humaine dès son origine, dans l’attente d’une activation quasi automatique de nature biologique, sociale ou… divine.
Par Alain Bentolila – 08/03/2026
La machine qui voudrait penser et écrire à la place de nos enfants !
La dictature de l’image omniprésente sur les écrans, entraînant une régression de l’écriture, ouvre grand la porte au robots conversationnels qui murmurent aux oreilles complaisantes de nos enfants:« N’écris plus, ne crée plus ! Recopie ! Tu feras de toute façon moins bien, moins riche, moins élégant que moi. Renonce à ta propre mise en mots inutilement laborieuse, au résultat parfois médiocre et toujours incomplet ! Incline-toi plutôt devant la quantité impressionnante de mes data et la puissance stupéfiante des algorithmes qui les sélectionnent et les agencent ! Fais-moi confiance et je te livrerai, en prenant en compte tes attentes, tes conviction et … tes préjugés, un texte sans aspérités ni surprises. Je te promets un résultat dont la conformité et l’exhaustivité te dispensera de toute effort de questionnement. »
Par Alain Bentolila – 14/02/2026