Introduction

Quelques éléments utiles sur le fonctionnement du langage

La langue française, comme toutes les langues du monde, est dite « doublement articulée ».

La première articulation du langage, c’est celle qui permet d’associer de façon arbitraire un signifiant (combinaison phonique ou graphique) avec un signifié. Les locuteurs de toutes les langues du monde peuvent donc fabriquer une immense quantité de mots leur permettant de nommer les éléments qu’il leur semble utile d’évoquer.

La deuxième articulation du langage permet de construire un très grand nombre  de mots en combinant un très petit nombre de sons. Toutes les langues sont soumises à la nécessité de créer une très grande quantité de signifiants différents, chacun évoquant un sens particulier. Elles doivent donc  obéir à une obligation impérative : répondre aux besoins sans cesse grandissant de communication en s’assurant que les mots ne soient pas confondus : c’est pour cela que les phonèmes s’appellent des unités distinctives.  C’est à cette nécessité que répond  la deuxième articulation du langage qui  assure à la nomination du monde une capacité de production quasi illimitée. En français trente-quatre phonèmes permettent de produire plusieurs  centaines de milliers de mots distincts les uns des autres.  

Mais les  langues ne se contentent pas de décrire le monde ; elles ont toutes l’ambition de permettre de le commenter ; c’est-à-dire de dire ce qu’on en pense. A cet effet, elles se sont  toutes dotées d’un système syntaxique qui permet de donner à chaque mot-acteur un rôle dans la mise en scène d’une phrase. Ainsi, « Le loup dévore la chèvre » n’est pas « la chèvre dévore le loup » ; « la terre tourne autour du soleil » n’est pas « le soleil tourne autour de la terre ». Quelques centaines   de milliers de mots permettent donc de construire ainsi une infinité de phrases et de textes, des plus convenus aux plus incongrues  La capacité de création des hommes est devenue infinie.

Un enfant qui apprend à parler va progressivement découvrir comment « marche » le langage et le pouvoir formidable que sa maîtrise va lui offrir.


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