Organiser un atelier de communication en classe ou à la maison

Bien des élèves n’ont pas eu la chance qu’une mère ou un père suffisamment attentifs les conduisent avec fermeté et bienveillance sur le chemin de la communication juste. Ces élèves ont l’illusion que « cela va sans dire » et ont un urgent besoin qu’on leur fasse vivre les droits et les devoirs de celui qui utilise le langage pour se faire comprendre.

Acquérir ces droits et ces devoirs est l’objet de l’atelier de communication. Il peut avoir lieu à l’école ou à la maison.

Exemple d’atelier de communication

Nous sommes dans une classe de grande section et la maîtresse a dessiné sur une feuille une composition très simple : deux ronds, celui du dessus rouge, l’autre bleu. Dans le rouge, une étoile jaune au milieu ; dans le bleu, un oiseau vert vers le bas. Sous le rond rouge, une croix bleue ; sous le rond bleu, une croix rouge. On peut bien sûr proposer selon le niveau des élèves un dessin plus ou moins complexe.

La maîtresse prend un élève à part et lui dit : « Regarde très attentivement ce dessin que j’ai fait. Prends ton temps car, une fois que tu l’auras bien en tête, tu vas devoir aller expliquer à tes cinq petits camarades, là-bas, comment il faut faire pour dessiner le même. Attention, n’oublie pas qu’ils n’ont pas vu le dessin et que toi seul peux les aider à le faire ! »

Une fois le dessin tranquillement examiné, l’élève le pose et va expliquer à ses camarades comment le réaliser. On enregistre ce qu’il leur dit ou on prend des notes. Chacun des cinq élèves exécute alors individuellement son dessin. La maîtresse les ramasse et les étale tous sur une table avec le dessin modèle.

On ne comprend pas tous la même chose !

Premier constat unanime : « Tiens ! Ils ne sont pas pareils. » On va donc identifier les différences. Et la question se pose : « Pourquoi y a-t-il ces différences ? » On va réécouter le message qu’avait délivré l’élève communiquant et on va se rendre compte que notre messager a pris quelques libertés avec le dessin modèle. Mais on constate aussi que les dessinateurs n’ont pas suivi avec fidélité les directives données. Chacun est donc renvoyé à ses responsabilités : le locuteur à ses imprécisions et les auditeurs à leur inattention.

Il faudra, tous ensemble, reconstruire un message aussi juste que possible correspondant au dessin modèle et évitant les erreurs identifiées. Et l’on fera venir un élève qui n’a pas participé à l’atelier et qui, à l’écoute du message co-construit, fera un dessin beaucoup plus proche du modèle.

Dans la même logique, avec le même rituel, on peut demander à un élève de raconter à ses camarades une histoire qu’il a lue précédemment, faire émerger les différentes représentations de chaque élève et montrer à la fois la diversité légitime des interprétations et la nécessité, pour le narrateur et pour les auditeurs, de respecter les directives de l’auteur.