Les principales étapes de la maturation cérébrale

L’échec en CP est particulièrement mal vécu par les parents, et en conséquence, par l’enfant, qui a bien conscience de ses difficultés très visibles en lecture : quand il lit à haute voix en classe, il peut aisément constater les écarts majeurs avec les autres.

Il est vrai que cette classe « repère », première marche de l’escalier de la grande école, reste surinvestie par tous. Échouer en CP fait vivre une première expérience négative de l’école qui, souvent, ne peut plus être réellement positivement investie comme un lieu d’ouverture sociale, de cadre sécurisant avec des limites groupales différentes de celles de la maison et permettant de développer le goût de l’effort loin de ses parents, dans une nouvelle autonomie rendue possible grâce à une identification positive à l’enseignant, nouvel adulte de référence.

Beaucoup d’enfants qui peinent à entrer dans la lecture en CP se sentent mauvais élèves, avec l’idée que ce handicap va perdurer et les suivre tout au long de leur scolarité. Cette blessure est vécue en miroir par leurs parents. Certains, mortifiés, ont tendance à compenser cet échec par la mise en place de troubles du comportement (bavardages, insolence, agitation, etc.) qui leur permettent de garder l’attention des adultes. À défaut d’être comme les autres, ils se distinguent par des bêtises, leur donnant l’illusion qu’on les reconnaît, même si cela se fait par le biais du négatif.

Ce cercle vicieux peut très vite s’enclencher et durer, ensuite, de longues années, durant lesquelles il est difficile de retourner en arrière pour faire de l’école un lieu sympathique, chaleureux, au sein duquel chacun a le droit d’être différent.

Qui est notre cerveau ?

Notre cerveau comprend entre 90 et 100 milliards de neurones, articulés entre eux par des synapses qui déterminent des milliards d’interconnections. Ils sont entourés de cellules gliales encore bien plus nombreuses, qui apportent un environnement chimique favorable à la propagation de l’influx nerveux. Celui-ci est produit par les neurotransmetteurs, substances libérées par le neurone dans la synapse et qui va se nicher sur les récepteurs du neurone suivant : les signaux véhiculés peuvent être lents (modification durable de la force de tel ou tel réseau synaptique) ou rapide (excitation-inhibition).

Les cellules gliales facilitent les connections lors du développement cérébral, nourrissent les neurones, éliminent les cellules mortes en recyclant les neurotransmetteurs, et en protègeant le cerveau des infections.

Quatre processus président au développement neurobiologique du cerveau, en lien avec l’environnement (stimulations diverses) :

  • la neuronogénèse : multiplication des neurones avec spécialisation progressive ;
  • la myélinogénèse : développement de la myéline, substance qui recouvre les neurones, et qui permet un bon fonctionnement des systèmes sensori-moteurs (sensations et motricité) en accroissant la vitesse et la qualité des informations ;
  • le développement du cortex cérébral, avec ses aires langagières par exemple ;
  • la synaptogénèse : développement des synapses qui permettent de relier les neurones entre eux, avec une création de véritables réseaux neuronaux actifs les uns envers les autres (contrôles, rétrocontrôles), ce qui est essentiel dans le développement du langage.

Le nombre de synapses dans le cortex varie durant cinq périodes différentes.

Pendant la grossesse Augmentation importante du nombre de synapses débutant à 5 mois de gestation et se poursuivant jusqu’à 1 à 2 mois de vie.
Du 2e au 10e mois de vie Augmentation exponentielle : dans le cortex, le nombre de synapses quadruple.
Du 10e mois de vie à la 5e année de vie

Le cerveau élimine les synapses inutilisées et fortifie celles qui sont très utilisées.

Décroissance du nombre de synapses avec une sélection intense (nombre divisé par deux) dont la nature dépend de l’environnement (interactions qui influent sur le mode de sélection).
De la 5e année de vie à la puberté Poursuite de la sélection synaptique.
Adolescence Nouvelle augmentation du nombre des synapses et de leur sélection.