La pensée symbolique, clé de la lecture

Piaget affirme que la pensée symbolique naît vers 18/24 mois, puis se consolide pendant l’enfance.

D’abord, l’enfant utilise des indices, c’est-à-dire des éléments liés à d’autres par proximité temporelle ou spatiale (par exemple : les nuages annoncent la pluie), dans une pensée très concrète issue de son expérience directe.

Puis, il s’intéresse, s’approprie puis utilise de façon efficace, des signes, c’est-à-dire des éléments d’un code qui représente d’autres éléments (par exemple : le mot « table » représente le meuble table de la réalité).

Enfin, l’enfant accède aux symboles, éléments ou comportements qui représentent d’autres éléments par analogie (par exemple : faire un bruit de voiture en faisant avancer une boîte d’allumettes sur une table, c’est faire comme si on maniait une petite voiture).

Les cinq mécanismes de la pensée symbolique

Cinq mécanismes, comportements ou outils, témoins de la mise en place progressive de la pensée symbolique, restent facilement visualisables quand on joue avec un petit :

  • l’imitation différée (à distance de la situation) ;
  • le jeu de « faire semblant » (exemple : jouer à la dînette) ;
  • le dessin, qui permet la reproduction d’une image mentale ou d’un objet de la réalité ;
  • la production d’images mentales qui sont partageables par le langage, le jeu, ou le dessin, grâce à la narration ;
  • le langage lui-même, qui unit, dans un code complexe, des signes multiples nous permettant de communiquer efficacement entre nous.

Entre la naissance et six ans, l’enfant garde une pensée opératoire concernant des actions effectuées ou intériorisées par l’expérience. Ce n’est que progressivement qu’il parvient à développer une pensée véritablement symbolique, d’abord préconceptuelle (entre trois et quatre ans), puis intuitive (entre quatre et six ans).

Le développement de la pensée symbolique

L’entrée en CP représente bien un passage de l’univers de la petite, à celui de la grande enfance, avec un développement particulièrement riche sur le plan cognitif, permettant à l’enfant de manier efficacement une pensée symbolique dans de multiples domaines. Des mathématiques au déchiffrage du langage écrit en passant par l’attrait pour l’art, il s’approprie un nombre impressionnant de notions fondamentales concrètes et abstraites, dans des secteurs très variés (temps, espace, etc.), ce qui lui permet d’approcher le monde grâce à une réflexion mettant en lien de multiples paramètres, tout en se forgeant un esprit critique. Pour cela, il ne doit pas trop craindre l’échec, ni la perte de son identité naissante. Fort de son passé, il peut alors assouvir un nouvel appétit de découverte, plus méthodique et réfléchi, aboutissant à la mise en place de véritables connaissances, et non pas seulement de collections d’informations mal articulées.

Durant cette période, les adultes doivent être vigilants à ne pas être trop exigeants ou intransigeants, car les enfants sont encore très fragiles dans leur estime d’eux-mêmes. S’ils se sentent honteux ou ridiculisés, ils auront tendance à réutiliser des mécanismes plus infantiles, et ce, d’autant plus que leur histoire a été difficile. Ils risquent alors de s’enferrer dans le vol ou le mensonge pour paraître meilleurs et retrouver l’amour de l’adulte, plutôt que de prendre conscience qu’il faut au contraire grandir encore.