Développer le vocabulaire concerne autant le vocabulaire passif que le vocabulaire actif.

Des études récentes confirment que l’étendue du répertoire lexical est dépendante de la compétence à catégoriser, classer, trier et mettre en relation flexible des mots variés. Ainsi les enfants deviennent de plus en plus attentifs à ré-emboîter diversement les mots selon des critères variés : « C’est de quelle couleur ? Ça vit où ? Que fait-elle ? C’est dans quelle position ? Quelle est la différence avec… ? », etc. Il faut beaucoup parler aux enfants de tout, tout le temps, et commenter sans cesse ses actions à leur destination : « Oh, je fais ceci. Oh, je fais cela… » Au fur et à mesure, ils construisent implicitement des logiques de plus en plus efficaces, ressemblant aux catégorisations des adultes.

 

Le vocabulaire passif : ce sont les mots qu’on connaît à peu près mais qu’on n’utilise pas couramment. Ils sont en attente, passifs. Ce vocabulaire permet de construire plus précisément le sens en contexte. C’est un ensemble de « déjà disponible » susceptible d’être mobilisé. Selon les individus, on peut supposer qu’un mot en stock passif jamais rappelé finit par se perdre…

Le vocabulaire actif : ce sont des mots qui viennent à l’esprit au moment de dire sa pensée en production orale ou écrite. Plus actifs que les autres, ces mots constituent le stock dynamique auquel on recourt usuellement. Ce stock n’est jamais aussi important que le paquet « passif » mais on peut l’augmenter, en manipulant souvent les mots, surtout dans leur relation aux autres, et ainsi faire monter à la surface plus de mots en stock « prêts à l’emploi ».

Les élèves en échec scolaire sont souvent ceux qui n’arrivent pas à s’extraire d’un langage qui se fond essentiellement dans les actes, les situations vécues et la communication quotidienne avec des interlocuteurs connus : un langage circonscrit à son aspect oral et pratique, sans jamais être réfléchi.Le lexique est autre chose qu’une simple accumulation anarchique de mots. Les termes sont reliés entre eux par des relations de sens (synonymie, antonymie, champ lexical), de hiérarchie (l’hyperonymie), de forme (dérivation) et d’histoire (étymologie, emprunts divers à des langues en contact), notamment. Le système est structuré et organisé par les notions lexicales qui, au fond, ne sont pas très nombreuses et qui gagnent à être connues et utilisées par tous les enfants.